La construction des ponts et une opportunité manqué pour l’Afrique

16 02 2009

par Antoine Bérilengar SJ

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Ce Forum social est bien tombé. Il a lieu au moment où le monde fait face à de grandes crises notamment, la crise alimentaire et énergétique, la crise financière sans précédent. Ce Forum offre ainsi l’occasion de contribuer à la recherche de solutions à ces crises. C’est ainsi que les organisateurs ont fait une large place aux débats autour de ces sujets. Etaient présents au Forum non seulement les principaux acteurs de la société civile mais aussi certains victimes, notamment les jeunes, les femmes, les peuples indigènes et les petits producteurs. A mon avis, le temps n’est pas plus aux accusations ou aux confessions, mais à l’action. C’est à ce niveau que les suggestions doivent être suivies d’effet. Il faut une volonté politique pour transformer ces suggestions ou propositions en actions concrètes. C’est à ce niveau qu’il faut trouver des mécanismes pour amener les politiques à travailler main dans la main avec la société civile pour initier des actions concrètes à même de réduire la souffrance des peuples.

Antoine Bérilengar SJ

Antoine Bérilengar SJ

Le Forum social est un lieu de construction des alliances et des réseaux pour réfléchir à tel ou tel problème. Je cite ici comme exemple les indigènes de la délégation des SAPI et ceux venant d’Amérique du Sud et du Nord. La chaleur de la rencontre, l’acceptation mutuelle, la convergence de certains points de vue sont au-delà de l’attente de la délégation respective. Ils n’ont pas seulement dansé, échangé des symboles de leurs leaders, mais ont organisé encore des rencontres supplémentaires pour jeter les bases d’une alliance durable. Ce qui les unissait plus c’est le dénominateur presque commun des défis de survie auxquels ils font face. Après la négation de leur dignité, maintenant ce sont leur moyens de survie qui sont en jeu. Plus, au-delà des barrières linguistiques, leurs cœurs et leurs visages ont parlé.

Les organisations religieuses ou d’inspiration religieuse trouvent de plus en plus leur place au Forum Social Mondial. Elles ont pris part à la marche inaugurale avec leurs symboles et leurs messages : la conférence épiscopale indienne – Pas de paix sans respect de droits humains ; les Sœurs de Notre Dame de Namur – une effigie de leur sœur assassiné, Dorothy Stang ; et les frères maristes qui depuis leur maison avec leur fanfare ont aidé les participants à marcher sous la pluie torrentielle. Elles ont amené au forum non seulement des groupes qu’ils ont organisés, mains elles ont surtout parlé ouvertement de leurs convictions, leurs fois (plural de « su fe ») et de la nécessité de prendre des valeurs éthiques dans la résolution des problèmes. Elles jouent leurs rôles d’agents de construction des ponts entre les peuples.

J’ai l’impression que l’Afrique était presque absente à cette rencontre. J’ai trop peu vu des Africains, des groupes organisés venant d’Afrique ou certains problèmes d’Afrique abordés. C’est l’occasion pour l’Afrique de faire encore entendre sa voix sur les la crise financière, ses guerres endémiques et ses lots des réfugiés, la lutte pour la démocratie et la bonne gouvernance, le pillage de ses ressources naturelles. De plus, l’Afrique n’a malheureusement pas amené au forum ses peuples de forêts (les pygmées du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Gabon, de la Guinée Equatoriale, de Congo-Brazzaville, et de la République Démocratique du Congo), les Twa du Burundi et du Rwanda, et les hottentots ou Bushmen du désert de Kalahari. Elle n’a également pas amené ses peuples du désert de Kalahari ou du Sahara (la Touareg), de ses grands fleuves ou lacs (les fleuves Congo, les lacs Victoria et les lac Tchad, le Nil, etc.) en danger. Elle n’a pas non plus amené au grand jour des problèmes de la déforestation, de la crise énergétiques, les pollutions, les déversements des déchets toxiques (Côte d’Ivoire). En somme l’Afrique aurait pu non seulement bénéficier de sa participation au Forum, mais surtout saisir cette occasion pour exposer également les problèmes touchant la minorité ou peuple en voie d’extinction ou de son environnement et sa conception holistique de leur environnement.